Dans l’étude des artefacts des Amériques — notamment les productions mayas, mixtèques ou andines — l’anthracologie participe pleinement à une démarche d’archéométrie intégrée.
Les vases, figurines ou urnes funéraires présentent fréquemment des traces de combustion, des résidus carbonisés liés à la cuisson, des dépôts issus de pratiques rituelles ou des restes d’encens ou de combustibles.
L’identification des essences utilisées permet alors de mieux comprendre les technologies de cuisson, les chaînes opératoires artisanales, les usages cultuels et les relations entre exploitation forestière et production céramique.
Dans les contextes mésoaméricains, certaines essences comme le Bursera (copal) possèdent une forte dimension rituelle. Leur présence dans des encensoirs ou contextes funéraires contribue à restituer les dimensions symboliques de la culture matérielle préhispanique.
Les travaux de Guillaume J. A. Bresso soulignent l’importance d’une chronologie absolue fiable afin d’ancrer les interprétations stylistiques et iconographiques dans des contextes historiques précis. L’anthracologie contribue ainsi à limiter les risques d’inauthenticité, à détecter d’éventuels remaniements modernes et à replacer les objets dans leur environnement culturel et écologique d’origine.
Les recherches combinant anthracologie, datation AMS et analyses céramologiques ont permis d’affiner plusieurs séquences chronologiques du Classique tardif mésoaméricain et du Formatif andin, tout en révélant les dynamiques d’exploitation des ressources ligneuses liées à l’urbanisation et aux crises environnementales.